au départ du Kambos en mai
2026
Le kambos est tout proche de la ville de Chios et c'est un secteur
constitué de grandes propriètés en plus ou moins bon état, entourés de grands terrains clos de hauts murs. Il faut
savoir qu'il est très difficile d'y circuler en voiture: dans aucune
rue on ne peut croiser une voiture sans s'arrêter ou reculer, donc
prudence. Aux endroits dangereux on klaxonne (et la nuit appel de
phare). Mais l'avantage c'est que le quartier est beaucoup plus calme que le centre de Chios.
Tout près du kambos, un monastère que la patronne de l'Emborios bay nous
avait recommandé: Agios Minas (ignoré du GDR).
Trois parties à voir :
l'église où des traces du massacre sont encore visibles sur un espace
protégé (traces d'un corps brûlé, taches de sang), la chapelle avec un
ossuaire (comme à Nea Moni) et le musée qui présente en plus de
tableaux explicatifs en anglais sur l'histoire du monastère trois vidéos différentes sous-titrées
en anglais (la destruction du monastère, les 3 vagues du massacre, la
réaction en Europe où Victor Hugo est cité avec son poème "l'enfant").
La première phase se déroule le jour de Pâques 1822 où les
habitants réfigiés dans le monastère ont été massacrés ou réduits à
l'esclavage (détails atroces comme pour ceux qui étaient réfugiés dans
la citerne asséchée et ont été enfumés ou brulés, ou l'église qui a été
incendiée avec les occupants à l'intérieur). Ensuite après qu'un héros grec
(Kanaris) ait coulé le navire amiral de la flotte turque le masssacre s'est
étendu à toute l'île, comme à Anavatos où les habitants se sont jetés
dans le vide ou dans les villages du mastic préservés jusque là.
Ce fut notre meilleure visite, d'abord grâce au monastère mais surtout
à la rencontre que nous y avons faite. Le monastère n'abrite plus
qu'une seule religieuse, sourde et muette de naissance et maintenant
quasi aveugle ! Aussi certains bénévoles se relaient pour faire la
visite. Nous avons eu la chance de tomber sur Ignatios (Ignace en
français), personnage passionnant d'une grande culture. Il parle
français parfaitement (un de ses amis professeur lui a appris) au point
de lire les misérables dans le texte. Il connait plein de choses sur la
France et nous avons parlé cinéma, politique, foot, littérature. C'est
un ancien officier, chargé du recrutement (il devait être convaincant).
Très curieux de nous connaître, nos professions, notre lieu de résidence
... Un grand moment de partage culturel.
Le
monastère abritait des moines à l'origine; il a été détruit en 1822
par les turcs lors du massacre de Chios (une copie du tableau de
Delacroix est dans le musée, ainsi qu'une partie de la porte de
l'église avec les marques de la fusillade); reconstruit, il a été
détruit à nouveau
lors d'un tremblement de terre en 1881. Il a ensuite abrité jusqu'à 30
nonnes, et maintenant une seule très âgée.

La vlle de Chios est très bruyante, avec une circulation démesurée
pour sa taille; même les petites rues sont envahies. Un conseil: la
visiter le dimanche, elle est beaucoup plus calme. Le port et les
cafés/restaurants sont envahis par les touristes turcs.

Le secteur le plus intéressant est celui du Kastro où l'on accède par une porte qui rappelle la vieille ville de Rhodes.
Et à l'intérieur des ruelles avec des maisons parfois en triste
état. Dernière photo: vue sur les bains turcs depuis les remparts.

et les bains turcs rénovés (il parait qu'ils sont opérationnels). A
l'intérieur un QRcode qui permet d'avoir des explications en anglais.

Pas très loin de Chios la petite station de Karfas, avec sa plage de
sable, ses bars, restaurants, parasols ... Nous l'avons trouvé agréable
mais en été elle doit être très encombrée.

Et un peu au sud de Karfas la plage de Megas Limionas; pas terrible celle-ci


Retour au voyage de mai 2026